Charlotte Bonaparte
Portrait de Letizia Bonaparte, 1835, aquarelle sur papier, 26,7x20,3 cm
Inv. MN 959

9_letizia.jpg (199343 byte)

Au cours d’une visite à sa grand-mère en juin 1835, Charlotte réalise d’après nature un de ses portraits de famille les plus réussis. La vieille Napoleonis Mater, bien qu’elle soit ici représentée sous un aspect très intime, conserve un peu de son air de matrone romaine, qui fut rapporté aussi par d’autres témoignages : ainsi sa petite-fille Mathilde, dans ses Souvenirs, évoque le ton péremptoire avec lequel Letizia s’adressait à son fils Jérôme, pourtant sexagénaire. Femme extrêmement énergique, elle restera jusqu’à la fin le point de référence inébranlable pour toute sa famille, même pendant les années de l’exil. Contrainte à l’immobilité suite à une fracture du fémur en 1830, elle continuait néanmoins à transmettre une sensation de lucidité et d’équilibre. Madame Masuyer, qui la rencontra à cette époque, ne peut pas s’empêcher de remarquer la ressemblance avec son fils Napoléon : "On ne la consulte jamais sans retrouver en elle, cette force de raison, cette clarté de jugement qu’on admirait chez l’Empereur". Contrairement à de nombreux autres portraits peu expressifs, Charlotte parvient ici à rendre efficacement le contraste entre la force morale et la faiblesse physique de Madame Mère. Avec une touche particulièrement délicate, elle décrit les dentelles claires des vêtements de la vieille femme, s’arrêtant en particulier sur son bonnet. Le dessin, inachevé au niveau des mains et des détails du fauteuil, fut reproduit en lithographie avec le consentement de Letizia, qui exigea toutefois de sa petite-fille que chaque copie porte l’inscription "Cadeau fait par la Princesse Charlotte" et que tout revenu soit affecté à des œuvres de bienfaisance. Alessandro Capalti, qui avait soutenu l’exécution de l’aquarelle, se plaindra ensuite à Zenaide, qui rapporte à Charlotte la remontrance: "Capalti a trouvé bien la lithographie de Madame, mais a été très fâché que les mains et d’autres parties de ce dessin ne fussent pas plus finies et plus soignées, et il a dit que si tu lui avais dit que ton intention était de lithographier ce portrait il l’aurait retouché davantage qu’il n’a fait".

 

Fai clic sull'immagine per tornare indietroRetour

© Museo Napoleonico, 1999